Les essais in situ constituent un pilier fondamental de toute investigation géotechnique rigoureuse. Ils regroupent l'ensemble des tests et mesures réalisés directement sur le terrain, sans prélèvement d'échantillons remaniés, afin d'évaluer les propriétés mécaniques et physiques des sols et des roches en place. En Avignon et dans sa région, ces essais sont indispensables pour appréhender la complexité des formations superficielles et garantir la sécurité et la pérennité des ouvrages.
La géologie avignonnaise est marquée par la présence de la plaine alluviale du Rhône et de la Durance, avec des dépôts limoneux, sableux et graveleux très hétérogènes, surmontant parfois des marnes et calcaires du Crétacé. Ces alluvions récentes présentent une variabilité spatiale importante et peuvent être sujettes à des phénomènes de tassement différentiel ou de liquéfaction en conditions sismiques. Dans un tel contexte, les reconnaissances en laboratoire seules s'avèrent insuffisantes, et les essais de densité sur site deviennent cruciaux pour valider les modèles de comportement.

La pratique des essais in situ en France est strictement encadrée par les normes AFNOR, notamment les séries NF P94 pour la reconnaissance et les essais géotechniques. La norme NF P94-061-1 régit par exemple l'essai de densité par la méthode du cône de sable, tandis que la NF EN ISO 22476 définit les essais au pénétromètre statique (CPT) et au pressiomètre Ménard (PMT). Le respect de ces normes est impératif dans le cadre de la mission géotechnique G2 AVP/PRO, conformément à la norme NF P94-500 sur les missions d'ingénierie géotechnique, pour tout projet de construction dans le Vaucluse.
De nombreux projets en Avignon requièrent impérativement une campagne d'essais in situ. C'est le cas des fondations de bâtiments en zone inondable où la portance doit être vérifiée, des infrastructures de transport comme le contournement ferroviaire ou les extensions du tramway, des ouvrages de soutènement le long des berges du Rhône, et des plates-formes logistiques du MIN ou de l'aéroport. Pour le compactage des remblais et des couches de forme, les essais de contrôle de compactage sont systématiquement spécifiés pour atteindre les objectifs de densification requis par les cahiers des charges.
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Questions fréquemment posées
Quels sont les principaux types d'essais in situ réalisés en géotechnique ?
Les essais in situ regroupent les essais pressiométriques Ménard (PMT) pour la déformabilité, les essais au pénétromètre statique (CPT) et dynamique (DPSH) pour la résistance de pointe, les essais scissométriques pour la cohésion non drainée des argiles, les essais de perméabilité type Lefranc, et les essais de densité comme la méthode du cône de sable pour le contrôle du compactage des remblais.
Pourquoi les essais in situ sont-ils préférables aux essais de laboratoire dans certains cas ?
Les essais in situ testent le sol dans son état naturel, sans le remaniement inévitable lors du prélèvement et du transport. Ils conservent l'état de contrainte, la structure et la teneur en eau originelles, ce qui est crucial dans les alluvions hétérogènes du Rhône où les sables et graviers sont difficiles à échantillonner intact. Ils fournissent un profil continu et représentatif du comportement mécanique réel du massif.
Quelle norme régit les missions géotechniques incluant les essais in situ en France ?
La norme NF P94-500 définit les missions d'ingénierie géotechnique. Les essais in situ sont principalement réalisés durant la mission G2 (études de projet) pour définir le modèle géotechnique, mais aussi en G3/G4 (exécution/supervision) pour les contrôles. Chaque essai spécifique est régi par sa propre norme, comme la NF P94-061-1 pour l'essai de densité au cône de sable.
Quand faut-il réaliser un essai de densité in situ sur un chantier ?
Un essai de densité in situ est indispensable durant les phases de terrassement pour contrôler le compactage des remblais, des couches de forme sous voiries ou dallages, et des tranchées de réseaux. Il intervient après la mise en œuvre et le compactage, par tranche d'épaisseur définie, pour vérifier la conformité de la masse volumique sèche obtenue avec l'objectif de densification fixé par le maître d'œuvre, souvent exprimé en pourcentage de l'Optimum Proctor Normal.